Weda Bay : un projet de production de nickel ambitieux

Après une longue phase d’études et de préparation, le projet Weda Bay, en Indonésie, est aujourd’hui en train de sortir de terre. Genèse, rebondissements, perspectives : le point sur un gisement hors norme.

Un intense travail de recherche

Tout a commencé par une découverte : un gisement de nickel sur l'île d'Halmahera, au nord de l'archipel des Moluques, en Indonésie. Le site, considéré comme l'un des plus importants de la planète, attire l'attention d'Eramet qui décide d'en acquérir le gisement. Il est racheté en 2006 à Weda Bay capitals Inc., la société canadienne détentrice du site. Débute alors une longue phase d'études préliminaires. La tâche, immense, vient confirmer les attentes : l'estimation des ressources totales du gisement double même, passant de 4 à 9,3 millions de tonnes de nickel contenu. Il s'agit, ni plus, ni moins, du plus grand gisement de nickel au monde encore non exploité. Le contrat, qui prévoit une période de production de 30 ans, est renouvelable deux fois pour 10 ans. A cette période, la crise économique frappe de plein fouet et le secteur minier n'est pas épargné avec la baisse des cours du nickel et du manganèse. En 2013, le projet Weda Bay entre alors dans une phase de ralentissement et, quand Mitsubishi, le partenaire d'Eramet, décide de se retirer du projet, il est temps de trouver un nouvel allié.

Un partenariat décisif

C'est alors que Tsingshan entre en jeu. Le géant chinois, n°1 mondial de l'acier inox, signe un accord avec Eramet en 2017. Les deux groupes se répartissent les rôles : Tsingshan prend en charge la construction des usines et leur exploitation, mais aussi l'ensemble des infrastructures nécessaires à la production. En plus du gisement, Eramet apporte sa précieuse expertise minière, dans une région particulièrement sensible à l'érosion. Une fois les apports réalisés, Eramet possède 43 % de la société qui contrôle Weda Bay et Tsingshan 57 %. "Nous apportons notre connaissance de la mine, nous proposons des recommandations pour améliorer le projet. Au-delà même des bénéfices attendus, la collaboration avec Tsingshan nous permet d'apprendre et de renforcer encore notre expertise."  explique Martin Cezard, Directeur des projets Weda Bay chez Eramet. Sur le terrain, le procédé pyrométallurgique développé, qui implique l'utilisation de fours électriques, est parmi les plus compétitifs au monde. A partir du minerai de Weda Bay, il permettra aux usines de produire du ferroalliage de nickel basse teneur, aussi appelé Nickel pig iron (NPI), très prisé par les grands clients mondiaux de l'inox.

Un potentiel encore à découvrir

Depuis la signature du partenariat entre Eramet et Tsingshan, tout va très vite. Moins d'un an après le début du chantier en août 2018, un tiers des réalisations ont été menées à bien. "Les travaux avancent bien. Nos partenaires se sont engagés à démarrer la production fin 2020, mais nous sommes aujourd'hui en avance sur ce calendrier et visons un démarrage au second semestre."  explique Martin Cezard, Directeur des projets Weda Bay chez Eramet. A terme, le complexe disposera aussi d'autres activités pyrométallurgiques alimentées par les minerais de nickel indonésiens. Il devrait employer quelque 2000 personnes et la centrale électrique 1000 autres.  Enfin, au-delà de ce premier développement, Weda Bay pourrait ouvrir de nouvelles opportunités au Groupe, avec le lancement de projets parallèles sur le site. C’est ainsi que les équipes Eramet mènent actuellement des études pour le développement d'autres projets sur l'île, en particulier dans le domaine du nickel pour batteries. Soit d'autres belles perspectives pour les années à venir.

30 000 tonnes de nickel contenu dans du NPI (Nickel Pig Iron)

c’est la production annuelle attendue - dont 13 000 tonnes pour Eramet qui en assurera la commercialisation.