La scorie, ingrédient-clé du béton "vert"

A Doniambo, une infirmerie vient d’être construite dans un matériau inédit : du béton réalisé avec les scories de la SLN. Focus sur une nouveauté promise à un bel avenir.

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Avec ses 3 fours DEMAG – les plus puissants du monde – la SLN produit en moyenne 55 000 tonnes de ferro-nickel, mais aussi 1,8 million de tonnes de scories, constituées essentiellement de silice et de magnésium. Très peu utilisé, ce coproduit dispose pourtant de réels atouts techniques et économiques, à commencer par son caractère non-polluant. 

Traditionnellement, ces scories sont utilisées comme remblai pour la construction des avancées sur la mer. Une grande partie de la ville de Nouméa, dont l'aéroport de Magenta et l'usine de Doniambo, repose ainsi sur ces scories, utilisées de manière brute, sans transformation. 

Alors que seuls 10 % de la production de scories sont aujourd'hui vendus sur le marché local, la SLN est en quête de nouveaux débouchés. "Depuis dix ans, nous travaillons sur différentes solutions pour structurer le produit, et pour ce faire, des chefs de projet senior dédiés ont été récemment nommés", explique Yves Veran, chef du projet de valorisation des scories. Parmi les pistes privilégiées : l'utilisation de scories en remplacement du sable naturel, l'un des composants habituels du béton. La SLN a fait réaliser en Australie des études sur cette application par des universités spécialisées, ainsi qu'en France par le Centre d'Etudes et de Recherches de l'Industrie du Béton. Et les résultats sont concluants : remplacer 70 % du sable naturel par des scories permet la production d'une qualité de béton équivalente, voire supérieure.

Le SLAND, un sable made in SLN

Pour favoriser ses débouchés, un nom commercial a été donné à cette scorie de la SLN : le "SLAND". Le produit, qui a obtenu la classification de sable correspondant aux standards australiens et français, ne manque pas d'arguments : alors que le ciment a une forte empreinte carbone, le SLAND est un coproduit recyclé, qui s'inscrit dans l'économie circulaire. Il permet ainsi de produire un véritable béton "vert" à la particularité non-négligeable d'être moins cher qu'un béton traditionnel.

En charge de la prospection commerciale du SLAND notamment en Australie et en Nouvelle-Zélande, Yves Veran et Thibaut de Saint Vaulry, technico-commercial chez Eramet, s'emploient à convaincre les acteurs de l'industrie du bâtiment avec lesquels ils s'entretiennent : "Lors de nos échanges, une question nous est systématiquement posée : comment se comporte le béton qui incorpore ce nouveau matériau ?" C'est cette question récurrente qui est à l'origine de la construction de la nouvelle infirmerie de la SLN – deuxième bâtiment du genre après un poste électrique en 2017. En effet, la société néo-calédonienne ARBE a réalisé les travaux en utilisant un béton composé de SLAND. Livré au premier trimestre 2019, le bâtiment a été inauguré en juin dernier. Et voici donc, sortie de terre, à quelques mètres des bureaux de la Direction de la SLN, une deuxième construction en béton "vert". Soit un nouveau pas en avant pour le Groupe dans son ambition de mettre en œuvre, à tous les niveaux, une démarche responsable.